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Les quatre pères 2/2

par Tweedle.dum
10/10 105 pts / 11 votes - 9 commentaires
Combien devrons-nous te donner chaque mois ? C’est que je ne roule pas sur l’or, je croule sous les charges.

Il s’en suivit des négociations dignes d’un souk marocain.

Certains souhaitaient que l’allocation fût proportionnelle aux revenus de chacun, d’autres estimaient que tous devaient contribuer à part égale au bien-être du bambin.

Après que les quatre pères eurent fait mentalement leurs comptes, il fut décidé à la majorité et au grand dam de François, le moins bien payé de tous, que chacun donnerait cent vingt euros par mois jusqu’au sixième anniversaire de l’encombrant poupard.

De retour chez lui, Bernard pensa qu’il avait finalement cédé à une forme de chantage et que Juliette n’en resterait peut-être pas là.

François se demandait comment il allait pouvoir compenser une perte de cent vingt euros, à moins de ponctionner discrètement les pensions qu’il distribuait aux anciens du village.

Pasqual trouverait quelques travaux au noir

tandis que Philippe songeait déclamer ses vers au cours de lectures payantes et dont les bénéfices, prétendrait-il, iraient soulager quelque misère sahélienne.

Juliette était libérée.

Une nounou venait chaque matin vers huit heures s’occuper de sa progéniture, la changer, la promener et lui donner le biberon qui désormais remplaçait le téton maternel.

En prime, la jeune fille s’occupait des achats alimentaires pour la femme comme pour l’enfant. Juliette se consacra de nouveau entièrement à sa peinture jusque très tard le soir.

Le bébé devait dormir à poings fermés et Juliette parachevait une corbeille débordant de fruits d’automne près d’un pichet en étain du plus mauvais goût, une croûte bâclée qui ravirait néanmoins les couples de retraités en villégiature dans la vallée de juin à septembre.

La toile trônerait probablement au-dessus d’un buffet de salle à manger en merisier ou chêne foncé.


Le feu se déclara à l’étage inférieur qui servait d’étable à l’époque où l’oncle Maurice habitait encore le chalet.

Les flammes léchaient déjà les dernières marches de l’escalier qui menaient au premier étage quand Juliette réalisa la situation.

Elle ouvrit la porte fenêtre du salon et jeta une à une les toiles entreposées dans la pièce, sans savoir qu’elle créait un appel d’air qui décuplerait la colonne infernale.

Alors qu’elle s’apprêtait à enjamber la balustrade du salon, elle repensa au bébé, son bébé. Elle hésita.

Fallait-elle le sauver d’une mort affreuse ou le perdre et renoncer à une rente mensuelle de quatre cent quatre vingt euros ?

Un instant, elle regretta de pareilles pensées et s’engouffra au milieu des flammes en direction de sa chambre.

Dans la pénombre, elle chercha en vain l’enfant qui n’était plus dans son lit. Elle se retourna en direction du salon, les flammes avaient gagné le seuil de la chambre.

Elle sauta sur le petit lit pour atteindre la lucarne qui laissait passer la lumière d’une pleine lune printanière.

Le lit s’effondra sous son poids. En vain, elle tenta d’accéder à la poignée avant de s’écrouler intoxiquée par une épaisse et mortelle fumée.


C’est François qui craqua le premier.

C’était une idée de Bernard avait-il confessé aux gendarmes.

Des villageois anonymes avaient témoigné et révélé l’identité des visiteurs occasionnels de Juliette, ce qui confirmait les aveux du postier.

Jean-Philippe s’était réfugié dans une bergerie pour échapper à la honte d’être menotté et se tira une balle dans la bouche quand il aperçut les képis encercler son dernier refuge.

Pasqual fut trahi par son bras gauche brûlé au troisième degré.

Il ne restait plus rien du chalet quand les pompiers volontaires du district arrivèrent sur place.

Les enquêteurs avaient bien retrouvé le corps calciné de Juliette mais aucune trace du rejeton.

.On diffusa sans succès un portrait robot de la nounou.

Personne ne la connaissait au village.

On l’avait bien vu arriver le matin et repartir sur son scooter le soir mais elle ne semblait pas habiter sur place.

Peut-être réapparaîtrait-e lle les jours suivants. Personne n’était cependant certain qu’elle ait emmené le bébé avec elle.

Mais avec une mère et quatre pères pareils, n’était-il pas plus en sécurité là où il était ?


commentaires
NoteNote :   
... Ce bébé me dit quelque chose !
9. 28.07.07 à 22:44 |Indien.10/10
Indien.
De la BD qui raconte un drame et avec intelligence, bravo!
8. 21.07.07 à 11:31 |boris10/10
boris
MERDE QUELQUN CONNAI MON PASSE QUI ET CE FILS DE PUTE ?



SUREMENT UN CON TA MERE LA PUTE TON PERE SUCE LES BOULE DUN PUTOI TOI CON ET TAMERE SUCE LA BITE EN PAILLE !!!
7. 18.07.07 à 15:31 |Rock8310/10
Rock83
Trés bonne bayday !
6. 08.07.07 à 22:26 |Cicatrice10/10
Cicatrice
c'est triste c'est vrai et c'est 10/10
5. 08.07.07 à 11:14 |nabok10/10
nabok
excellente bédé!
4. 08.07.07 à 10:27 |bison_foutu.10/10
bison_foutu.
3. 08.07.07 à 10:05 |Foudoc10/10
Foudoc
ZzzzZZZzzzZZZzz....
2. 08.07.07 à 00:47 |soluble5/10
soluble
c'est triste. MAIS J'ADORE!
1. 08.07.07 à 00:36 |L.Reptile.L10/10
L.Reptile.L
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